Ahmed Nadjar, « Pourquoi les vrais marcheurs de 1983, restent-ils des figurants de l’histoire ? », Med’In Marseille, 24 avril 2013.

Alors que tant d’usurpateurs se sont fait une carrière sur cette histoire mythique des luttes pour les droits civiques en France, les marcheurs authentiques pour l’égalité, ceux qui y ont cru dès le départ, restent des oubliés de l’histoire. Pour le film « La Marche », ils se sont retrouvés grâce à la volonté de Nadia Lakhdar – scénariste du film – pour jouer comme figurants de leur propre histoire ! Avec l’humilité et la gentillesse qui les caractérisent, ils n’en veulent pas forcément à ceux qui ont utilisé leur sueur (prés de mille kilomètres parcourus – à une époque où ils pouvaient se faire descendre par des Duponts Lajoie – ) tant que c’est pour la bonne cause. Ceci dit, lorsque des politiques comme Fadéla Amara*, usurpent cette histoire, pour des marcheurs comme Djamel Atalah, c’est intolérable ! Tout autant que la récupération du mouvement antiraciste, né de cette marche, par SoS Racisme. Ironie de l’histoire, aujourd’hui les marcheurs sont inconnus, certains sont dans la précarité, tandis qu’Harlem Désir se porte bien, il est premier secrétaire du PS. Quid de son engagement pour l’égalité des droits ? Que fait-il pour lutter contre la nouvelle forme du racisme d’aujourd’hui : l’islamophobie ? Pour le Père Delorme, à l’époque, c’était un militant sincère « c’est plus des dirigeant comme Julien Dray qui ont construit cela », façon diplomatique pour parler de manipulation ? En tout cas, Toumi avoue qu’il était trop difficile pour le mouvement autonome antiraciste de lutter contre « le rouleau compresseur » (SOS, les moyens d’état, et les réseaux ndlr). Aujourd’hui, il semble que les choses s’apaisent, celui qu’on appellait le curé des Minguettes, semble voir cette fois ci d’un bon oeil l’initiative officielle de célébration des trente ans de « La Marche pour l’égalité et contre le racisme ». Reportage vidéo.

 

* Article du Monde sur le livre de Cécile Amar « Fadéla Amara, le destin d’une femme. »

Source: Med’in Marseille.

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