François Lamy, « Dans les quartiers populaires, le pouvoir de mémoire », Libération, 27 juin 2013.

Par FRANÇOIS LAMY Ministre délégué à la Ville

Parmi les 27 décisions du Comité interministériel des villes du 19 février, le gouvernement a décidé de conduire un programme national sur la mémoire collective dans les quartiers populaires. Les initiatives locales visant à recueillir la mémoire des habitants ont jusqu’à présent été souvent menées dans le cadre des opérations de rénovation urbaine, et pour être très clair, lorsqu’on a détruit des immeubles. En guise de thérapie préparatoire à la reconstruction de ce qui constituait pour beaucoup le quartier de leur enfance, entretiens et expositions locales ont constitué des archives contemporaines.

Ce que je veux désormais, c’est que les souvenirs et les analyses des habitants, c’est-à-dire des premiers concernés, soient considérés à la hauteur de leur valeur, comme le fondement préalable à l’élaboration du renouvellement urbain, et comme un levier d’affirmation de ces habitants et de leur pouvoir d’agir.

A la peur et aux crispations identitaires, quelles que soient les idéologies qui les inspirent, la République oppose la reconnaissance des mémoires individuelles, la richesse des parcours de vie qui construisent et font évoluer la société française dans son ensemble.

Les habitants des quartiers populaires méritent que notre pays tout entier connaisse leurs histoires individuelles et collectives, et porte sur eux un regard différent, affranchi des représentations stéréotypées et négatives dont on les abreuve chaque jour. Les plus jeunes générations, qui ont grandi dans ces quartiers, ont besoin de s’approprier le passé pour construire leur chemin personnel, émancipé du poids de l’histoire, pour inventer leur avenir et participer avec confiance à celui de notre pays.

La République doit soutenir les acteurs de l’éducation, de la politique de la ville, les médiateurs culturels, les associations d’habitants, dans le recueil de cette mémoire vivante avec les habitants, pour donner aux enfants de France les moyens d’inscrire précisément leur famille, leur lieu de vie, leurs souvenirs, dans la chronologie nationale. Ainsi, nous remettrons en lumière ce qui fait notre histoire commune, notre «vivre ensemble».

Pour cela, un programme sur la mémoire des quartiers populaires vient d’être lancé par le ministère de la Ville, sous l’autorité indépendante d’un collectif de chercheurs, d’associations et d’urbanistes animé par l’historien Pascal Blanchard. Il aura pour mission de valoriser les initiatives déjà entreprises, de les mettre à la disposition du grand public, et de les compléter, notamment par une tournée nationale sur l’histoire locale dans les quartiers populaires.

Ce programme concernera tous les quartiers en rénovation urbaine, pour que demain les traces du passé soient partie intégrante de notre patrimoine commun. L’inscription de la mémoire comme outil d’élaboration des futurs «contrats de ville» et des prochains programmes de rénovation urbaine sera d’autre part contractualisée sous la forme du «1% mémoire», sur le modèle du «1% artistique».

L’histoire des deux conflits mondiaux, de la colonisation et de l’émancipation des peuples, l’histoire industrielle et des crises économiques du XXe siècle ainsi que l’histoire culturelle et artistique de notre pays seront placées en regard des mémoires locales et familiales dans les quartiers populaires.

Trente ans après la Marche pour l’égalité et contre le racisme, une génération de militants pour la dignité des habitants va rappeler ses combats et faire le lien avec tous ceux qui depuis des années poursuivent sur le terrain, sous d’autres formes, la mobilisation pour l’égalité. Alors que le gouvernement s’est engagé dans une réforme de la politique de la ville et des politiques d’intégration, la mémoire a le pouvoir de remobiliser les consciences pour faire reculer les fractures urbaines et sociales.

Parce qu’elle s’oppose à l’invisibilité sociale et qu’elle raconte une histoire de la France contemporaine, la mémoire des habitants des quartiers populaires est un vrai levier contre les discriminations et pour l’égalité des territoires et des citoyens.

Source: Libération.

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UNSP: Appel à la Marche du Grand Paris

Les Sans-papiers et Migrants de l’Union nationale des Sans-papiers (UNSP)

APPEL à la MARCHE DU GRAND PARIS du 7 septembre  au 6 octobre 2013

 

Pendant un mois, en cette prochaine rentrée de septembre, alors que la Crise s’approfondit partout en Europe, et parce que ce sera le moment où le gouvernement  et le Parlement français se trouveront face à leurs prochaines grandes décisions (retraites, justice, lutte contre le chômage et pour l’emploi, chasse à l’évasion fiscale, préparation des municipales …), le mouvement des Sans-papiers et Migrants ressent le besoin urgent de faire connaître une fois de plus le niveau de ses préoccupations et de ses attentes. D’autant que cette rentrée de septembre devrait voir aussi discutée et votée au Parlement la loi sur l’immigration. A plus forte raison lorsque le Ministre Manuel Valls parle aujourd’hui de la nécessité d’un « apaisement » sur le sujet, répétant en guise de commentaire qu’il était « très attentif à ce que pensent nos compatriotes en cette période de crise ». Selon un sondage récent, 69% des français pensent qu’il y a « trop d’immigrés » dans le pays (1). Alors que, dans le même temps, c’est l’extrême-droite la plus brutale qui sonne en Europe et en France le réveil de la réaction fasciste, xénophobe et raciste…

 

Afin d’être visibles et audibles, nous avons expérimenté depuis plusieurs années la vérité du vieil adage qu’on n’était jamais mieux servi que par soi-même. C’est pourquoi, depuis 1996, avec l’occupation de l’Eglise St Bernard à Paris, en décidant de prendre nos affaires en main, nous, Sans-papiers et Migrants, sommes sortis de la clandestinité et de la peur pour réclamer nos droits fondamentaux et prouver notre volonté d’intégration. Dans les dernières années, en plus des manifestations hebdomadaires destinées à réclamer notre « droit de cité », nous avons mené plusieurs campagnes ciblées. En mai 2010, ce fut Paris-Nice à pied pour interpeller la Françafrique au Sommet des chefs d’Etat africains. En février 2012, notre Caravane au FSM de Dakar apporta notre contribution à la Charte mondiale des Migrants. En juin 2012, ce fut notre Marche européenne, qui franchira neuf frontières pour prouver concrètement la liberté de circulation et d’installation, dont nous porterons la revendication auprès du Parlement européen. Du 19 mars au 2 avril dernier, en compagnie de 15 Sans-papiers, nus avons traversé en bateau la Méditerranée, pour dire au Forum social mondial de Tunis notre conception de ce qui en était le thème central, et dieu sait que nous en connaissons un bout sur le sujet, « la dignité ». En réponse, malgré un soutien de principe du Forum social à notre démarche, nous fûmes confrontés à la « Realpolitik » de « l’Europe-forteresse », et renvoyés par la Tunisie interposée, sur les rives italiennes. Bonne leçon qui ne peut que nous encourager, contre vents et marées, à poursuivre résolument notre travail et notre lutte pour convaincre de ce « droit de cité » des Sans-papiers et des Migrants.

 

Ainsi, cette longue marche pour le droit et l’égalité va se poursuivre cette fois en Ile de France, dans le cadre de ce que désormais l’on nomme « Le Grand Paris ». Au départ, même si l’idée date du 19ème siècle, ce titre désigne un projet institutionnel initié sous le gouvernement Fillon en 2007-2008, se donnant pour objectif la transformation à l’échelle d’une vingtaine d’années de l’agglomération parisienne en une métropole à dimension européenne et mondiale. Rien, dans cette transformation, n’est laissé de côté : logement et urbanisme, emploi et contrats de développement territorial, énergie et transports, réorganisation urbaine, espaces verts et agriculture, révision du schéma directeur de la région Ile de France etc…Un « Atelier international du Grand Paris » planche sur la question d’ « Habiter le Grand Paris » pour faire du logement un « outil du développement urbain et de l’égalité des territoires ». Pour nous autres, Sans-papiers et migrants, il va de soi que ce « Grand Paris », loin de nous inquiéter, suscite notre plus grande curiosité et tout notre intérêt, quand on songe que la plupart d’entre nous participent ou vont le faire, par leur travail, à son édification. C’est bien de notre avenir aussi qu’il s’agit, si l’on veut bien admettre ce que disent toutes les prévisions s’agissant du besoin croissant de travailleurs migrants qu’aura l’Europe dans les années à venir. Si nous avons choisi de mener cette Marche dans le « Grand Paris », ce n’est donc pas seulement sur un motif géographique, tourner autour de la Capitale et interpeller le pouvoir sur notre condition, c’est aussi pour cette raison historique : le moment est venu d’apporter notre contribution à ce que représente et engage le « Grand Paris » pour l’avenir et plus largement encore pour la transformation de la société française.

 

Certes, notre « Grand Paris » ne saurait et ne pourrait être celui de la « Gouvernance » à l’oeuvre dans cette gigantesque entreprise. Nous l’envisageons nécessairement du point de vue des Précaires que nous sommes, en solidarité avec tous ceux et celles qui sont nos frères et sœurs en « précariat », si l’on peut dire. Aussi bien notre Marche délivrera un Récit qui veillera à attirer l’attention de tous, et des pouvoirs publics en particulier, sur les interstices, les zones fragiles, les angles morts, les parts d’ombres, les hors-champ, tout ce monde des « Sans » que le projet magistral aura négligés, oubliés. Et en premier lieu, puisque nous en avons l’expérience et l’expertise, sur tout ce qui concerne la population immigrée, nombreuse en Ile de France, pour qui nous souhaitons que notre Marche soit l’occasion, lors de notre passage, d’une information précise, d’une réflexion approfondie, d’une mobilisation la plus large possible. Ce sera bien évidemment aussi le moment pour les Sans-papiers de rappeler et de mettre en débat leurs revendications principales : régularisation de tous les Sans-papiers, fermeture des centres de rétention, arrêt des expulsions, respect du droit d’asile, promulgation du droit de vote, reconnaissance de l’égalité entre nationaux et migrants, liberté de circulation et d’installation

 

Plantons le décor. Du point de vue de l’espace, la Marche du Grand Paris des Sans-papiers et Migrants projette , en partant du centre de rétention du Mesnil-Amelot, de parcourir du Nord au Sud et d’Est en Ouest les 3 cercles principaux du  « Grand Paris », depuis sa périphérie la plus large correspondant à l’ « Unité du Grand Paris »(10 millions d’h), puis le cercle plus restreint de « Paris-Métropole » , pour passer en « Petite Couronne »( 6 millions d’h), avant de rentrer dans Paris pour se rendre auprès du Pouvoir , suivant ainsi un chemin en spirale qui dira notre volonté patiente de résister aux logiques et aux forces qui tiennent à nous « éloigner »du centre.

Du point de vue du temps, la Marche voudrait se dérouler entre le  7 septembre et le 7 octobre 2013. Le calendrier précis et la chronologie des étapes est en cours de préparation. Mais l’on peut d’ores et déjà dire que  nous visons à ce que chacun des départements d’Ile de France, chaque préfecture, les centres de rétention, reçoivent  notre visite. Ensuite, le parcours et les étapes dépendront des possibilités locales, des accueils, de l’hospitalité que nous allons rencontrer dans les contacts que nous commençons à prendre auprès des mairies, des collectivités, des associations, des centres culturels etc…pour la réalisation de notre projet.

Du point de vue de l’action, la Marche, marcher, sont évidemment la ligne de force. Le mouvement de la marche, lente, patiente, dans une direction déterminée, disponible pour les rassemblements, offerte à l’exposition publique de ce que et de qui nous sommes, ouverte aux rencontres et à la connaissance des autres, joyeuse dans la revendication, non violente dans la lutte, sérieuse dans le témoignage qu’elle veut porter sur la place faite et à faire aux étrangers dans le monde tel qu’il ne va pas bien du tout, tout cela nous en avons conscience et nous  en avons fait l’expérience dans les précédentes marches. Nous comptons bien, dans celle du « Grand Paris », multiplier la Marche par le coefficient de manifestations, cercles de silence, conférences de presse, débats, concerts, réunions de travail, par tout ce qui peut donner lieu, partout où l’on passe, à un réveil des raisons de croire en la possibilité et la nécessité de lutter pour plus de justice et de liberté.

 

En résumé, la Marche du Grand Paris des Sans-papiers et Migrants a pour objectifs :

 

            – Susciter un mois d’information, de discussion et de réflexion sur le « droit de cité » pour les Sans-papiers et Migrants, en s’appuyant sur l’initiative et la mobilisation des collectifs locaux et des associations de chaque département et chaque ville traversés.

            – Dénoncer la circulaire de novembre 2012  sur le droit au séjour des étrangers. La régularisation des Sans-papiers telle qu’elle y est traitée ne peut régler le sort que d’un petit nombre d’entre eux, vouant la majorité à perdurer dans la clandestinité ou à y plonger. Nous ne pouvons accepter d’un gouvernement socialiste  qu’il ne fasse pas mieux, voire pire que le gouvernement précédent sur cette question cruciale. Nous exigeons qu’il revoie sa copie, à la lumière de tout ce que les acteurs dans la question de l’immigration ont démontré depuis longtemps comme réformes indispensables et changement nécessaire de vision. Nous sollicitons vivement le Parlement pour qu’à la rentrée son travail pour la loi sur l’immigration soit vraiment à la hauteur ! Au cours de ce mois de marche, nous voulons multiplier les réunions de travail sur ce sujet de la circulaire et recueillir le maximum de témoignages des personnes concernées.

            Protester contre le traitement répressif des Sans-papiers, Roms et demandeurs d’asile, criminalisés sans raison et internés en CRA avant l’expulsion la plus brutale. La Marche sera orchestrée par la demande répétée de la fermeture de ces centres de rétention, en réclamant la mise en œuvre de procédures d’examen de la situation de chacun respectant la dignité des personnes.

            – Revendiquer à nouveau le droit de vote pour les étrangers non-communautaires, tant attendu, et qui devait être l’annonce des bonnes dispositions du gouvernement pour le traitement du droit au séjour des étrangers. Nous souhaitons recueillir au cours de ce périple la position des municipalités qui nous feront l’honneur de nous recevoir.

            – Encourager toutes les formes de créativité existantes sur notre parcours à se manifester et à participer à leur manière au passage de la marche (musique, théâtre, slam, projections, danse, contes etc…). Dans cette perspective, il sera précieux d’intéresser centres culturels, maisons de jeunes, associations culturelles, à la préparation d’évènements autour du passage de la Marche. Nous sommes persuadés que la véritable compréhension, le développement constructif, la société qui tient le coup, passent par la création et la culture.

            – Commémorer les trente ans de la Marche pour l’Egalité. C’est dans son héritage que nous nous situons. On peut s’inquiéter du peu de chemin parcouru depuis. Raison de plus pour reprendre à notre tour le « bâton de pèlerin ».

(1) AFP, publié le 17/06/2013 à 09 :14

Communiqué du Collectif national Egalité des Droits / Justice pour tou-te-s

La première réunion nationale du Collectif Egalité des droits /justice pour tou-te-s s’est tenue les 22 juin et 23 juin à Paris. Elle a acté les décisions suivantes :

–       organiser une campagne nationale rappelant les raisons qui nous poussent encore à marcher 30 ans après la Marche pour l’égalité et contre le racisme

–       faire émerger et converger toutes les initiatives locales vers un moment de mobilisation nationale le samedi 7 décembre à Paris. D’ores et déjà des mobilisations sont prévues dans plusieurs villes : Lyon,  Lille, Marseille, Paris …`

–       dénoncer les danses du ventre qui ont commencé à se déployer, que se soit en distribuant des gratifications, médailles ou autre titre, en privilégiant financièrement des initiatives mettant en avant l’anniversaire de la Marche pour mieux dévoyer son message, en organisant des commémorations pour enterrer les revendications de la marche,  etc… Nous ne sommes pas dupes des tentatives d’instrumentalisation de notre Marche de 1983.

Les raisons de la Marche existent encore. Plus que jamais, mobilisons nous !

Pour contacter le collectif :

mail : marche30egalite@gmail.com

« La marche des Beurs: il y a 30 ans, « le Mai 68 des enfants d’immigrés », AFP, 21 juin 2013.

Paris – Le 20 juin 1983, la police tire sur un jeune des Minguettes. L’incident, qui aurait pu dégénérer en émeute dans un climat de tension vive, lance la « Marche des Beurs », acte de naissance politique des enfants d’immigrés.

La marche des Beurs: il y a 30 ans, "le Mai 68 des enfants d'immigrés"
Les « marcheurs pour l’égalite et contre le racisme » arrivent le 2 décembre 1984 à Paris

afp.com/Dominique Faget

Au début des années 80, « c’était dur d’être basané« , se rappelle Toumi Djaïdja. Président de l’association de quartier SOS Minguettes, dans la banlieue de Lyon, c’est lui qui est blessé par la police en cette veille d’été 1983.

« La tension était arrivée à un paroxysme » avec une série d’agressions racistes, de rodéos et d’affrontements avec les forces de l’ordre, poursuit-il. « L’idée de la Marche a germé pour désactiver ce cercle de violences. »

Sur fond de percée du Front national, qui a recueilli 10% des suffrages aux municipales de mars, les jeunes font aussi « une déclaration d’amour à la France« , qui découvre, éberluée, la diversité de sa jeunesse.

« C’est un peu le Mai 68 des enfants d’immigrés » décrit Abdellali Hajjat, maître de conférences en science politique, qui prépare un livre sur le sujet. « C’est la première fois qu’ils ont une audience nationale, qu’une mobilisation va les unir avec un discours positif« .

Le groupe était pourtant très divers, souligne Toumi Djaïdja: « il y avait des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des Gaulois et des immigrés. » Un mélange « de lascars et de prêtres« , décrit avec ironie une autre marcheuse, Marilaure Mahé.

Encadrée par le père Christian Delorme et le pasteur Jean Costil, qui défendent les droits des immigrés au sein de la Cimade, les marcheurs quittent Marseille le 15 octobre dans une relative indifférence.

Un mois plus tard, la mort d’un touriste algérien tabassé et jeté d’un train par des légionnaires lui donne une nouvelle ampleur, et le cortège grossit progressivement.

D’abord intriguée et méfiante, la gauche au pouvoir prend progressivement la mesure de l’événement et dépêche des émissaires à chaque étape.

« Sur les écrans, la tête de Toumi, Djamel, Malika… »

Sept semaines et 1.000 km après leur départ, les marcheurs sont accueillis à Paris par près de 100.000 personnes. Une délégation triée sur le volet est reçue à l’Elysée par le président François Mitterrand.

« Ca a été le moment où la France a découvert que sa population avait changé« , souligne le père Delorme. Sur les écrans de télévision, il y avait la tête de Toumi, Djamel, Malika… qui apparaissaient comme des Français. »

Le chef de l’Etat annonce alors la création d’une carte de séjour de dix ans pour les immigrés. Malgré la fatigue, « c’était une émotion énorme« , « de la fierté« , se souvient Marilaure Mahé.

Pourtant, la carte de séjour « n’était pas une revendication » pour les marcheurs, souvent de nationalité française, rappelle Toumi Djaïdja.

Leur principale demande – la lutte contre les crimes racistes et contre les violences – prendra plus de temps à trouver un écho. Quatre ans plus tard seulement, « des directives sont données aux parquets pour qu’ils poursuivent les auteurs et les mettent en détention« , rappelle le père Delorme.

Parallèlement, des questions se posent sur le suivi à donner à la marche. Le noyau dur s’efface rapidement. Toumi Djaïdja, un jeune homme timide en proie à des démêlés avec la justice, ne veut pas jouer le rôle de leader.

Plus politiques, les membres des collectifs qui avaient essaimé dans toute la France pour accueillir les marcheurs tentent de prolonger l’action, mais « se déchirent rapidement sur la question du leadership« , selon le père Delorme.

Certains organisent tout de même une seconde marche un an plus tard. Avec le slogan, « la France, c’est comme une mobylette, elle fonctionne aux mélanges« , Convergence 84 rassemble près de 60.000 personnes à son arrivée.

« Le rouleau compresseur SOS Racisme »

Dans la foule, à l’insu des organisateurs, de petites mains jaunes « Touche pas à mon pote » circulent. Julien Dray, un militant socialiste passé par les réseaux trotskystes, est en train de lancer SOS Racisme avec « le soutien des plus hautes sphères du pouvoir« , selon Jean Blocquaux, à l’époque membre du cabinet de Georgina Dufoix, secrétaire d’Etat aux travailleurs immigrés.

Il en suivra une frustration profonde chez les acteurs de la marche, qui se sentent « récupérés« , « broyés » par le « rouleau compresseur SOS Racisme » et les importants moyens financiers rapidement mis à sa disposition.

« Les leaders de la marche ont créé un événement qui a marqué, mais n’ont pas donné suite« , rétorque Julien Dray, se défendant d’être « un prolongement direct » de la marche.

Ce scénario était « inévitable, on était trop jeunes, pas assez aguerris« , reconnaît Djamel Attalah, un autre marcheur historique. A l’inverse, SOS « était composé d’intellectuels habiles avec les médias« , souligne Jean Blocquaux. « Mais SOS ne s’implantera jamais au plus profond des banlieues. »

Les marcheurs retomberont eux dans l’anonymat.

Et pendant 30 ans, la situation sociale des banlieues continuera de se dégrader. Le taux de pauvreté (part des habitants vivant avec moins de 964 euros par mois) y dépasse aujourd’hui 36% et celui du chômage 22%.

Abdelaziz Chaambi, qui avait accueilli le cortège à Valence (Drôme), ne s’en remet pas. « La marche est une blessure qui ne cicatrise pas: un grand vent d’espoir s’était levé…. On y a cru, à l’époque on était tous quasiment de gauche, ils nous ont trahis… »

Toumi Djaïdja, dont les cheveux frisés ont disparu mais qui conserve son sourire serein, ne veut pas baisser les bras. Après des années de silence, il s’associe aux multiples initiatives lancées pour les 30 ans de la marche, qui culmineront fin novembre par la sortie d’un film avec Jamel Debbouze.

Pour lui, il faut qu' »on parle de la marche dans les écoles » et que les nouvelles générations s’emparent de ce « combat« . Aux jeunes, Toumi Djaïdja n’a qu’un message: « Engagez-vous ! Continuez à marcher ! »

Source: L’Express.

Bertrand Enjalbal, « 30 ans de la Marche des beurs : « On risque une crise dans les quartiers pire qu’en 2005 », Carré d’info, 17 juin 2013.

Pour Mohamed Mechmache du collectif ACLEFEU "on risque une crise dans les quartiers plus grave qu'en 2005" / Photo Carré d'Info

1983-2013. 30 ans que la « Marche des Beurs » a traversé la France. Samedi 16 juin, des initiateurs du mouvement et leurs « enfants » de luttes dans les quartiers populaires étaient réunis lors du festival « Toucouleurs » à Lafourguette. 30 ans après le militantisme, les marches ne suffisent plus : les acteurs veulent entrer en politique. Notamment à Toulouse.

Un cri d’amour

Toumi Djaidja a la voix douce, posée, et le débit tranquille. Le crâne rasé, aussi. Il y a 30 trente ans, le phrasé était un peu plus rapide et la tignasse plus fournie. Président de l’association « SOS Avenir Minguettes » du nom d’un quartier de Vénissieux près de Lyon, il est l’initiateur de la «Marche pour l’égalité et contre le racisme» en 1983, appelée par les médias «Marche des Beurs».

En réponse aux violences des affrontements entre la police et les jeunes des quartiers cette année-là et malgré un tir policier qui le blesse, il décide d’entamer une lutte non-violente. Une grève de la faim puis une grande marche. Partie de Marseille en octobre, garnie d’à peine quelques âmes, celle-ci en comptera près de 100.000 à son arrivée à Paris le 3 décembre. Toumi Djaidja (à gauche sur le diaporama sonore) parle aujourd’hui de ce mouvement comme d’ «un cri d’amour» envoyé à la France.

Un mouvement porté par «le sentiment d’égalité» qui «ne demandait rien si ce n’est qu’on demandait tout». Il se souvient que le droit de vote des étrangers était déjà une promesse du président de l’époque, François Mitterrand, et trente ans après, il l’attend toujours. Certains problèmes demeurent «sinon la politique de la Ville aurait disparu».

Pas de récup, mais une OPA

30 ans après, la France a connu d’autres émeutes que les militants préfèrent appeler révoltes des quartiers populaires. Celles de 1998 à Toulouse et de 2005 un peu partout en France. Pour les « héritiers » comme Choukri El Barnoussi, président du mouvement politique Emergence basé en Essonne, la Marche de 1983 est «un acte fondateur de l’émancipation des quartiers populaires».

Mais pour eux le militantisme ne suffit plus désormais. L’année suivant la marche, SOS Racisme vit le jour. « Une agence d’intérim du Parti Socialiste », pour le président d’Emergence. «On n’a pas été récupéré par SOS Racisme, on a subi une OPA», converge Toumi Djaidja. Pour les plus jeunes qui ont pris le relais aujourd’hui, le temps des marches est terminé. «On marche toujours mais sous une autre forme, avec notre seule arme : la politique», précise Almany Kanouté, dit « Mam », conseiller municipal à Fresnes et candidat aux législatives de 2012 pour le mouvement Emergence. Pour lui, il n’y a plus de temps à perdre, «on est dans une logique de résistances».

Porter soi-même sa parole

Une urgence que partage Mohamed Mechmache, fondateur de ACLEFEU au lendemain des émeutes de 2005 après la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois. Une urgence qu’il espère que le pouvoir politique entendra sinon le risque d’une nouvelle révolte sera plus fort qu’en 2005, promet-il.

Mohamed Mechmache remettra le mois prochain au ministre de la Ville un rapport qui lui a été confié en collaboration avec l’urbaniste Marie-Hélène Bacqué. Un énième ? «Non, parce que celui-là n’est pas fait par des politiques ou des fonctionnaires de l’Etat mais par des gens de terrain.» Il ne veut pour le moment pas révéler les propositions qu’il formulera au ministre mais espère un créneau favorable pour que certaines soient retenues et appliquées. Son but : faire en sorte que les habitants des quartiers populaires soient associés aux décisions qui les concernent et qu’ils en deviennent les acteurs. «Ni plus, ni moins.»

Marre de la petite tape dans le dos

Un projet qui doit se poursuivre par l’entrée «dans le champ politique» encouragé par la lassitude envers tentatives de récupération des partis. En premier lieu de gauche. «La petite tape sur le dos on l’a eue souvent : ‘vous inquiétez pas on est avec vous’. Je ne sais pas si c’était sincère… » regrette « Mam ». Lui, Choukri El Barnoussi ou encore Mohamed Mechmache avec le mouvement Affirmation sont déjà entrés en politique. Mais ils ne veulent pas pour autant être cantonnés à être des «candidats des quartiers». «La première fois que je suis allé à la mairie et que j’ai demandé quelque chose, j’ai mis du temps à me rendre compte que j’étais dans une démarche politique et surtout que je voulais rassembler tout le monde avec moi, tous les quartiers », explique Almany Kanouté.

Ils viennent donc prêcher la bonne parole, encourager à «bousculer tout ça pour se faire entendre». «Quand on est stigmatisés par la droite dans les propos, par la gauche dans les lois, on ne sait plus où on en est», plaide Choukri El Barnoussi.

Un mouvement à Toulouse ?

A Toulouse, les prochaines élections municipales pourraient bien compter sur une liste issue de cette dynamique. Ahmed Chouki, originaire du quartier de la Reynerie, en a marre d’être vu «comme un agitateur social». «Tu présentes quelque chose aux institutions et eux ne voient que comment récupérer la chose. J’ai rencontré le cas d’un élu qui m’a fait comprendre que comme la mairie versait des subventions on devait faire allégeance ou presque. Ce n’est pas tolérable», poursuit-il.

Pour lui, comme pour les autres intervenants du débat, si des mouvements politiques locaux existent dans les quartiers populaires, rien ou presque ne les fédère au niveau national. Pour l’heure, il faut donc faire des listes locales indépendantes des partis politiques. Une vision que ne partage pas Jean-Christophe Sellin, conseiller municipal et porte-parole du Parti de gauche. «Il n’y a pas de mouvement politique autonome sur Toulouse. Faire des listes de quartiers, ça part d’un bon sentiment mais elles n’intègrent pas des problématiques sur toute la ville. C’est une erreur. » Pour Nicky Tremblay de la CLACQ, il y a un «mouvement politique en construction à Toulouse» et «il faudra compter avec [lui]».

30 ans après la «Marche des Beurs», si la nécessité de l’entrée en politique est évidente pour les nouvelles forces militantes, des mêmes souhaits persistent. «On veut un job et être traité comme tout le monde», affirme ainsi « Mam ». Le temps les a aguerris et ils ne veulent être «ni dupes ni soumis» pour Mohamed Mechmache qui «ne désespère pas que la prochaine présidentielle ait un candidat des quartiers».

Source: Carré d’info.

Débat « Les luttes de l’Immigration et des quartiers d’hier à aujourd’hui », 6 juillet 2013.

« Nous Femmes D’Ici et D’Ailleurs », « Femmes des quartiers populaires »,

« Quelques-unes d’entre nous », vous invitent le

Samedi 6 juillet 2013 à 14h30

À une conférence-débat
« Les luttes de l’Immigration et des quartiers d’hier à aujourd’hui »

TABLES RONDES

15h00 / 17h00

A la veille du 30ème anniversaire de la « Marche pour l’égalité », en amont de la profusion des récits, une certaine histoire des luttes dans les banlieues…avec : Tarik Kawtari (MIB, FSQP, Echo des cités), Salah Amokranne (Takticollectif,) Abdelaziz Chaambi (du CRI), Mognis H Abdallah (Agence IM ‘média)

17h15 / 19h15

Banlieues, Quartiers populaires et immigrations… Les mobilisations et formes d’engagements d’hier à aujourd’hui avec : Rachid Taxi, Christel Husson (MIB, FSQP), Naima Yahi (historienne), Hamza Aarab (MIB34, Justice pour le petit Bard)

Exposition, restauration

20h30 SOIRÉE KARAOKÉ

Soirée conçue et animée par l’Association Pangée Network. Suivie du bal «Ghorba Connexion» animé par les DJ Toukadime, Bachir et Krimau.

Lieu : à la Ferme Pasquier, Parc Jacques-Duclos, 260 avenue Descartes au Blanc-Mesnil. (En face des hôtels Kyriad et Campanile).
Contact : nousfemmesdicietdailleurs@gmail.com
Entrée libre

FLYER 6 JUILLET 2013 VERSION FINALE

Appel pour la constitution d’un Collectif national « Égalité des Droits / Justice pour tou(te)s »

Appel + Invitation et Inscription à la réunion nationale (ci-dessous)

Le 3 décembre 1983, 100 000 personnes manifestaient à Paris, concluant une Marche partie de Marseille le 15 octobre. Décidée par un groupe de marcheurs issus des cités de la banlieue lyonnaise, cette Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme marqua l’émergence d’une nouvelle génération, celle des enfants d’immigrés. Elle fût organisée suite aux crimes racistes, aux violences policières, et à une campagne électorale marquée par la xénophobie et l’idéologie sécuritaire qui vit, comme à Dreux, des alliances avec le Front national. Elle prolongeait à sa manière, les luttes menées dans la décennie précédente par les travailleurs immigrés pour l’égalité des droits. Les « invisibles » devenaient des acteurs à part entière de la société française.

Notre Marche ne s’est pas terminée le 3 décembre 1983. Nous n’avons jamais cessé de marcher et de lutter. Même si nous avons remporté des victoires ou obtenu quelques avancées, la situation des immigrés et de leurs descendants, dont beaucoup sont français, n’a cessé de se dégrader. Les habitants des quartiers populaires d’aujourd’hui sont confrontés à des situations plus dures qu’en 1983. Trente ans pour arriver à ce constat amer : les violences policières comme les crimes racistes n’ont pas cessé et restent impunis.
Pire, un racisme d’Etat fait de lois, de pratiques et de discours nauséabonds s’est propagé d’en haut ; la négrophobie et l’islamophobie se sont développées, prolongeant le racisme anti-arabe. La promesse du
Président de la République d’alors, celle du droit de vote pour les étrangers  extra-communautaires n’a jamais été tenue.  Aujourd’hui, après une décennie de pouvoir de droite avec tous ses excès et ses démagogies populistes – débats sur l’identité nationale et le « rôle positif » de la colonisation – le nouveau gouvernement reste dans la ligne de tous ses prédécesseurs : restriction au droit d’asile, accentuation des discriminations dans tous les secteurs de la société, relégation des quartiers populaires et de leurs habitants, menaces de disparition des associations de terrain et de proximité, contrôles aux faciès, justice à deux vitesses, chasse aux sans papiers et aux Roms, multiplication des expulsions… Et pendant ce temps, les Chibanis, nos anciens, sont reclus et privés de leurs droits.

Trente ans se sont écoulés, après le formidable espoir soulevé par la Marche de 1983.  Notre détermination reste intacte. Nous ne lâcherons rien. Le message de la Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme, même s’il n’est pas enseigné comme il se doit à l’école, est plus que jamais d’actualité et nous voulons qu’il soit à nouveau entendu avec force. C’est pour cela que partout, dès maintenant, et entre le 15 octobre au 3 décembre 2013, nous proposons à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cet appel de mettre en place des assemblées générales et des initiatives au niveau local, régional, national. Nous ne nous contenterons pas de crier notre colère contre les injustices et les inégalités. Nous proposerons à toute la société d’autres solutions, celles de l’égalité des droits pour en finir avec la République du mépris. D’ores et déjà, nous appelons à deux rencontres : le 15 octobre, date du départ de la Marche à Marseille en 1983, et les 18 et 19 octobre à Vaulx-en-Velin, pour rappeler que la banlieue lyonnaise a été le berceau de ce mouvement. Nous organiserons dans toute la France une quinzaine pour l’égalité des droits et la justice pour toutes et tous du 25 novembre au 8 décembre. Faisons du 3 décembre, une journée de rassemblements et de manifestations.

Contre le racisme et pour l’égalité des droits

Tous en marche, on arrive !

Les mouvements, associations ou organisations qui veulent s’associer à ce texte peuvent signer cet appel sur : marche30egalite@gmail.com

Premiers signataires : Au nom de la mémoire, L’Echo des cités, Agence Im’média,  Forum Social des Quartiers populaires, (FSQP), Vies Volées, Réseaux, Interventions, Réflexion Quartiers Populaires (RIRQP), Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP), Sortir du colonialisme, Femmes plurielles, AIDDA, Collectif 3 C,  FASTI, Cie Espace Temps, Association de Solidarité et d’Information pour l’Accès aux Droits (ASIAD), association L’Yeux Ouverts Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), UJFP (Union juive française pour la paix), Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN), Feyka (Fédération des Associations Kurdes en France), la Maison du Tamil Eelam, AFAPREDESA (Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis), Association les Orange (Nanterre), collectif « Capagauche 07 (Hautes – Alpes), Algériens Nord Pour le Changement et la Démocratie (ANDC), Association des Mineurs Marocains du Nord-Pas-de-Calais (AMMN), Collectif Manouchian, Collectif Afrique, Association Tribu, Comité des Sans Papiers 59, Association Ch’faid, Association  Etouchane, Association des Tunisiens du Nord de la France (ATNF) ,  Association Place Publique, Comité pour les respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) Association Citoyenne pour la Démocratie Participative (ACDP Tunis), Association Tunisienne de Soutien Aux Minorités, l’Association Tunisienne du Défense Des demandeurs d’Emploi-Kasserine, Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (ACORT)

Organisations Politiques soutenant le texte : NPA, Fédération pour une Alternative sociale et écologique (FASE), GA54-FASE, la Gauche Cactus

Collectif National «Egalité des droits/Justice pour tou(te)s

Invitation et Inscription à la réunion nationale de préparation du 30ème anniversaire de la marche,
22 juin de 9H 30 à 19 h  et les 23 de 9h à 13h
FASTI, 58, rue des Amandiers ( 75020 Paris) ,
Métro Père Lachaise
–        Le collectif national «  Egalité des droits/ justice pour tou(te) s invite tous les signataires de l’Appel à se réunir pour débattre des  initiatives et des objectifs de la célébration du 30ème anniversaire de la marche.
–        L’enjeu : Si nous ne voulons pas que 30 ans après la Marche soit détournée et récupérée, nous devons proposer une mise en cohérence et une programmation de quelques initiatives fortes qui rassemblent toutes les forces qui se battent pour une égalité réelle des droits.
–        Ordre du jour :
–        Samedi 22 matin : état des lieux des situations locales et régionales et informations sur les initiatives prises par les associations dans le cadre de la célébration de la marche
–        Repas pris en commun
–       22 Juin Apres midi :  14 H 30 – 18 H 30 : débat de fond sur les objectifs de la célébration de la marche et sur  l’organisation des évènements communs ( Fête de l’Huma, Marseille, Lyon, Paris, le 3, Belleviloise …)
–       19 h Projection d’un film en hommage à Lamine Dieng, assassiné en 2005 par la police dont la manifestation annuelle partira de la rue des Amandiers  à 14 h 30
–       23 juin  9H 30 13 H : Organisation des initiatives en terme de contenu et de  moyens logistique

Bulletin d’inscription
Réunion  nationale de préparation du 30ème anniversaire de la marche , les 22 juin de 9H 30 à 18 h 30  et les 23 de 9h à 13 à la FASTI, 58, rue des Amandiers ( 75020 Paris) , Métro Père Lachaise

–        Nom :                                                                                                 Prénom :
–        Organisme ou structure d’appartenance :
–         Coordonnées :
–        Adresse :
–        Téléphone :
–        Mail :
–        VOTRE PARTICIPATION :
–        Samedi   22 juin       Oui                     Non
–        Déjeuner sur place  samedi midi    Oui     Non
–        Dimanche matin  23 juin    Oui       Non
A retourner à : marche30egalite@gmail.com