Nouveau site officiel de Toumi Djaïdja

Cliquer ici. Mise en ligne en août 2013.

Extrait de la rubrique « Biographie »:

Toumi Djaidja est né le 25 octobre 1962 dans le Sud-est algérien.
Son père est emprisonné alors que sa mère est enceinte de lui, Toumi ne le verra pour la première fois qu’à l’âge de 5 ans. Cet évènement constitue certainement la première injustice qui sera déterminante et tracera le chemin de Toumi dans sa quête de justice et d’égalité pour tous.
Ils quittent leur pays natal le 6 octobre 1967 et arrivent en France rapatriés par la Croix-Rouge, dans la précipitation son frère jumeau reste au pays. Ils sont « parqués » dans le camp de « Saint-Maurice-l’Ardoise » situé dans le Gard,ironie du sort, celui-là même qui a servi à l’occupant allemand pendant la seconde guerre mondiale pour emprisonner la résistance française. Ils y séjournent pendant quelques mois.
Au début de l’année 1968, ils s’installent à Ruoms où son pére travaille comme ouvrier forestier. La famille est enfin réunie,ce sont les retrouvailles avec son jumeau. Ils y restent jusqu’à la fin de l’année 1969.
Début de l’année 1970, Ils vivent dans une pièce vétuste du Foyer Notre-Dame des Sans-Abri à Lyon. Ils s’y sentent bien dira-t-il.
Le 7 février 1971,ils emménagent dans un appartement de la ZUP des Minguettes. L’appartement dont le confort pourrait paraître banal aujourd’hui est pour eux luxueux: il est équipé d’une salle de bain et WC.
Ils ont erré depuis le 6 octobre 1967 et  posent enfin leurs valises.
En 1973, la situation économique  en France connaît le 1er choc pétrolier. Dans les grands ensembles urbains,les habitants cumulent les « handicaps »:  la barrière de la langue, la barrière de l’instruction; aussi les effets de la crise y retentissent plus profondément et creusent les inégalités. Cela conduit au climat de tension du début des années 80.
Les cités de France sont  le théâtre de violences notamment dans l’est lyonnais et plus particulièrement à Vénissieux dans le quartier des Minguettes. « Vénissieux, la belle, la rebelle »,celle des luttes ouvrières de 1936,de la résistance,du FTP-MOI figure de l’extraordinaire fraternité entre français et immigrés.Les émeutes urbaines se font quotidiennes et exponnentielles. Cette violence est la réponse qu’apportent les jeunes face à la discrimination.
Le 21 Mars 1983, des émeutes d’une rare violence éclatent.Des affrontements entre plus de 400 jeunes et les forces de l’ordre s’y déroulent toute cette journée. Vénissieux devient la scène grandeur nature d’une « guerilla urbaine ». A la suite de cet évènement majeur des  jeunes dont Toumi Djaidja que l’on surnommera le « meneur des Minguettes » campent pacifiquement devant la mairie, emblème de la République. Leur « sit-in » fait reculer les forces de l’ordre,anéantissant toute volonté de faire usage de la force. Il prend alors conscience de l’arme redoutable qu’est la non-violence et entame une grève de la faim. Sans le savoir il est au cœur d’un processus initiatique (dans le combat non-violent) dont « la marche pour l’égalité » est l’aboutissement et qui fera de lui le personnage-clé de cette jeunesse qui se soulève.
Cette année 1983 est décisive. Le nombre de jeunes qui tombent sous les balles grossit chaque jour davantage,c’est l’été meurtrier.
Les nuits sont chaudes aux Minguettes mais celle du 20 juin sera brûlante et marquera à jamais la vie de Toumi Djaidja. Un adolescent est aux prises avec un chien policier.Toumi Djaidja armé de son seul courage, lui porte assistance pour le dégager. C’est alors que le policier tire sur lui à bout portant. La bavure est flagrante et « caractérisée ». Alors même qu’il revient à la vie,Toumi déroute ses amis non convaincus en arrachant ces mots du plus profond de son être: » Il faut faire une marche« . Cette nuit tout  bascule, la vie  triomphe de la mort, l’amour de la haine, l’espoir du chaos. La non-violence va devenir son seul langage, et plus encore son mot d’ordre .
Ainsi son destin est scellé, un symbole est né. 
Toumi Djaidja prend alors l’initiative d’une  marche pour l’égalité. Il conduira ses troupes et ralliera Marseille à Paris du 15 octobre au 3 décembre, pour porter ce message de paix qui l’habite depuis sa plus tendre enfance, peut-être parce que la guerre d’Algérie est passée par là, par lui, le privant de son père. Elle l’a traversé lui laissant des marques indélébiles attisant sa soif de paix, de justice et d’égalité pour tous.
Fort des valeurs transmises par ses parents, et reconnaissant envers cette terre qui les a accueillis, lui et les siens, il dit n’ accomplir que son devoir car il mesure précisément la chance qu’il a de vivre en France, terre des droits de l’homme. Il sait la valeur de la vie et son caractère sacré.
Mêlant discrétion et humilité, force et courage, raison et sagesse,Toumi Djaidja s’est peu exprimé, ne gaspillant jamais le verbe. Il a gardé son idéal intact, ne le trahissant jamais. Il souhaite par dessus tout replacer l’humain au centre de l’équation.
« La Marche pour l’égalité est l’expression d’une soif de justice. C’est un message de paix que nous délivrons à notre pays, une déclaration d’amour que nous lui faisons » Toumi Djaidja
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