« 30 ans après, une « assise » de véritables « marcheuses » ! », Med’in Marseille,23 octobre 2013

Le 15 octobre 2013, cela faisait trente ans qu’une poignée de jeunes des Minguettes avait entamé à Marseille la longue marche pour l’égalité et contre le racisme qui devait rassembler 100 000 personnes à Paris le 3 décembre 1983. Rapidement rejoints par d’autres marcheurs de Paris, de Valence et d’ailleurs. Parmi eux, beaucoup de jeunes femmes que l’histoire a oublié. En ce 15 octobre 2013, l’EPI ou l’Espace Projets Interassociatifs de Vaulx-en-Velin décidait de leur rendre hommage en invitant plusieurs d’entre elles à participer à un débat dont cette structure inter associative dédiée à la citoyenneté et à l’égalité des droits a le savoir-faire.

C’est l’Aïd, ce 15 octobre 2013, ce qui n’empêche pas l’affluence au centre social George Levy qui reçoit Fatima de Lyon, Malika de Annonay, Marilaure de Marseille et Kaissa de Paris.

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De gauche à droite Kaissa Titous du collectif jeunes d’accueil de la Marche à Paris ; ensuite trois véritables marcheuses : au micro Marilaure Mahé – marcheuse permanente de Marseille à Paris ; Malika Boumédiene – marcheuse permante de St Valier à Paris ; Fatima Mehallel – marcheuse permanente de Marseille à Paris.
  • Nous étions plus nombreuses encore dit Marilaure, il y avait Cécile, Kheyra, Nacéra, Colette, Taoues, Dalila.
  • Les filles étaient importantes dans la marche, c’est ce que nous disent les marcheurs aujourd’hui encore quand on se rencontre, la marche n’aurait pas pu se faire sans vous.
  • Donc vous n’étiez pas cantonnées aux tâches domestiques, lance un jeune homme en souriant ?
  • Le fait est que notre emploi du temps était le même pour tous les marcheurs, puisque nous ne faisions que marcher et délivrer un message dans les rencontres informelles, les petites réunions, les gros meetings, plus rarement les réceptions municipales et les média… Nous étions accueillis avec le gîte et le couvert donc pas de tâches domestiques. Mais surtout nous prenions la parole – dans mon souvenir – autant qu’on le voulait.
  • Les filles sont-elles allées à l’Elysée ?
  • J’y étais – répond Malika – avec Cécile, nous étions donc deux femmes sur huit. Il est vrai que les initiateurs de la marche étaient des hommes.
  • Que diriez-vous des rapports hommes femmes ?
  • C’était des rapports égalitaires, ça allait de soi beaucoup plus que maintenant. Aujourd’hui, moi qui ai des enfants, dit Fatima, je ressens les regards ou même les propos réprobateurs des garçons dans les cités et autres lieux publics sur ma façon de m’habiller, de me maquiller etc. Je pense qu’on a régressé sur ce plan, vraiment.
  • Une jeune femme du public parle des progrès réalisés en trente ans, qu’elle constate quand elle entend parler ses parents sur ce qu’ils vivaient et dit que c’est d’autant plus difficile d’exprimer une plainte et donc de s’engager dans une action offensive parce qu’elle ne paraîtrait pas légitime, surtout quand, comme moi on habite le centre-ville, qu’on fait des études et que pourtant on sent bien une certaine discrimination mais insidieuse.

Beaucoup acquiescent

  • Oui c’était plus facile de riposter en 1983, quand c’était la vie qu’on devait défendre.
  • Ce racisme meurtrier a peut-être diminué mais il n’a pas complètement disparu, dans les cités enclavées on le ressent très fort – dit Marilaure. Il y a donc encore à se battre contre cela. Mais aussi contre les autres formes de discrimination très présentes dans le domaine du travail, de l’accès aux droits …

Kaissa poursuit sur les discriminations dans le logement et sur les programmes de rénovation urbaine sur lesquels elle est très engagée actuellement. Elle rappelle qu’elle n’a pas marché mais qu’elle était membre fondateur du Collectif jeunes parisien qui a soutenu les marcheurs. Elle était présidente de Radio beur à l’époque et avec d’autres associations comme l’ANGI (Association nouvelles générations immigrées) où les femmes étaient majoritaires et meneuses, elle a contribué à créer ce collectif d’accueil des marcheurs, autonome des autres organisations telles que la LDH, le MRAP etc.

Une éducatrice militante des JALB dans les années 90, rappelle que ce sont des femmes qui ont crée le groupe Zaama de banlieue dans les années 80, et que quand il s’est transformé en Jeunes Arabes de Lyon et Banlieue, les femmes étaient encore prépondérantes. La soirée s’est poursuivie dans un échange très inter actif avec une salle très diversifiée en âges et dans laquelle on trouvait des élus municipaux et régionaux.

Source: Med’in Marseille

L’EPI Kézaco :

l’EPI reprend les valeurs républicaines et démocratiques que sont la laïcité, la liberté de conscience et d’expression, l’égalité des droits et des devoirs et la solidarité. A partir de ces valeurs, les objectifs de l’Espace Projets Interassociatifs sont de lutter contre le racisme et toutes les formes d’exclusions ; d’encourager la réflexion et l’accès à la citoyenneté ; de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes ; de faciliter l’insertion dans la société française des populations issues de l’immigration ; de favoriser la connaissance, l’échange et le dialogue entre les différentes composantes de la société française. Ses activités principales s’inscrivent dans une démarche d’éducation populaire et s’organisent autour de la formation des responsables et des bénévoles associatifs, d’un soutien technique et pédagogique aux projets associatifs, de l’organisation d’actions collectives à caractère culturel, du suivi et de l’accompagnement des porteurs de projets collectifs. Rien d’étonnant dès lors que l’équipe composée de six salariés décide de recevoir les marcheuses de 1983. Le 10 octobre précédent, l’EPI avait déjà reçu quatre femmes militantes de France, d’Algérie, de Tunisie et du Maroc.

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