Fouad Bahri, « Il y a trente ans, la Marche pour l’égalité… », Zaman France, 13 septembre 2013

En 1983, avait lieu la Marche pour l’égalité et contre le racisme. Souvent qualifiée à tort de Marche des Beurs, ce mouvement organisé sur le modèle des luttes américaines pour les droits civiques, aura marqué toute une générations d’acteurs politiques et associatifs de la première génération issue de l’immigration.
L’histoire commence le 15 octobre 1983 à Marseille. Une trentaine de Français issus de l’immigration pour la plupart, entame une Marche nationale pour l’égalité et contre le racisme. Ils seront, en fin d’étape, plus de 60.000. Le contexte social et politique français est à l’époque explosif. Les affrontements violents entre jeunes et policiers dans les quartiers populaires, comme aux Minguettes, à Vénissieux, et une série de meurtres racistes, provoquent une première mobilisation. C’est aussi le temps des alliances politiques entre le Front national et l’ancien RPR aux élections municipales, qui marqueront l’opinion publique. Deux responsables de la Cimade, un mouvement d’accompagnement et d’aide aux étrangers, s’emparent alors du sujet. Le curé Christian Delorme et le pasteur Jean Costil avec plusieurs militants associatifs « beurs » et noirs décident de marquer le coup et, à l’image des marches symboliques de Gandhi ou de Martin Luther King, lancent la Marche pour l’égalité.

SOS Racisme en embuscade

C’est immédiatement un franc succès. De Marseille à Lyon, jusqu’à Paris, le cortège ne cesse de grossir. L’événement est bien relayé par certains quotidiens de gauche comme Libération. Une partie des marcheurs, comme on les appellent alors, seront reçus par le président François Mitterand, élu deux ans auparavant. Il ressortira de cette entrevue une conséquence politique concrète : l’établissement de la carte de séjour de dix ans pour les immigrés. Un an plus tard, une seconde marche organisée par Convergence 84, présidée par la militante Farida Belghoul, poursuivra cette dynamique citoyenne. Mais cette dernière se tarira progressivement à la suite de divergences profondes entre militants. Le soutien, puis la récupération de la mobilisation par le Parti socialiste, qui créera dans la foulée SOS Racisme, les divisera définitivement. Appelée improprement la Marche des Beurs, La Marche pour l’égalité aura profondément marqué l’éveil de l’engagement politique de toute la première génération des Français issus de l’immigration, dont certains poursuivront une action dans les partis de gauche. Un film intitulé La Marche de Nabil Ben Yadir, dont la sortie est prévue le 27 novembre 2013 relatera leur histoire.

Source: Zaman France

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