« Trente ans après, que reste-t-il de la «Marche des Beurs»? », 20 minutes, 27 novembre 2013

DOMINIQUE FAGET / AFP
La Marche des Beurs, en 1983.

ANNIVERSAIRE – Du 15 octobre au 3 décembre 1983, des jeunes du quartier des Minguettes à Vénissieux (Rhône) et des ecclésiastiques ont rejoint Paris à pied pour manifester en faveur de l’égalité et contre le racisme…

Un taux de chômage record, des meurtres racistes et de violents affrontements avec la police. Il y a 30 ans, une dizaine de jeunes du quartier des Minguettes, à Vénissieux, près de Lyon (Rhône), ainsi que quelques ecclésiastiques décident de gagner Paris à pied pour dénoncer les violences racistes perpétrées à leur encontre dans l’indifférence quasi générale. La “Marche des Beurs” est en route. Un événement qui revient sur le devant de la scène puisque mercredi sort sur les écrans La Marcheretraçant cette épopée. Mais, 30 ans après, qu’en reste-il?

«Cela a été le Mai-68 des enfants d’immigrants»

«Quand on pose la question aux jeunes du quartier aujourd’hui, ils répondent qu’il n’y a eu aucun changement car ils estiment que le racisme est toujours d’actualité, explique Michael Augustin, journaliste et auteur du livre La vraie histoire de la Marche des Beurs. Ils se sentent aussi stigmatisés que leurs parents.»

«Cet événement a pourtant correspondu à un tournant dans la société française. Cette marche a été le Mai-68 des enfants d’immigrants, poursuit Christian Delorme, le «curé des Minguettes», l’un des marcheurs. Pour la première fois, cette jeunesse issue de l’ancien empire colonial prenait la parole.» Et de poursuivre: «A l’époque, il y avait beaucoup de crimes racistes souvent impunis. Après la marche, les magistrats ont pris conscience de l’importance de ces actes.»

«A l’époque, tuer un Arabe, ce n’était pas bien grave»

«Selon un comptage effectué en 1983, 42 meurtres ou agressions racistes avaient été perpétrés en France en deux mois, contre un seul en Belgique, révèle Michael Augustin. Pour les gens, tuer un Arabe, ce n’était pas bien grave. Les auteurs prenaient 5 ans de prison dont 3 avec sursis.» «Après 1985, les parquets ont poursuivi systématiquement les auteurs de mort violente et ces actes ont quasiment disparu», ajoute Christian Delorme.

Mais les lendemains ont été difficiles pour les marcheurs de retour dans leurs quartiers où rien n’avait changé. «Ils ont tendu la main mais on ne leur a pas fait confiance. Il a fallu attendre 30 ans pour avoir un député issu de l’immigration», conclut Christian Delorme.

Source: ici

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