« Antiracisme: Les 30 propositions du collectif Egalité des droits », 20minutes.fr, 28 novembre 2013

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« Luttes de l’immigration : Comment ça a marché… », Alternative libertaire, 8 novembre 2013

Nous fêterons le 3 décembre prochain les 30 ans de la première marche pour l’égalité et contre le racisme. Se souvenir de ces luttes est un enjeu primordial dans un contexte d’offensive raciste sans précédent.

Il y a trente ans, les premières marches pour l’égalité partaient de Marseille, à l’initiative de jeunes de la banlieue lyonnaise soutenus notamment par le curé Christian Delorme pour dénoncer les crimes racistes et sécuritaires, touchant de plein fouet les immigré-es et enfants d’immigré-es dans les cités de France. Un formidable mouvement d’émancipation dura pendant plusieurs années. En 1984 et 1985, d’autres marches eurent lieu comme Convergence 84 et Divergence 85. Il y eu également de nombreuses luttes pour l’égalité des droits et contre les violences policières durant cette décennie, le plus souvent suite à des crimes policiers [1]. Ces luttes ont permis de faire sortir de l’invisibilité la jeunesse issue de l’immigration et de prendre à témoin la société française sur leur vécu et les différentes oppressions qu’ils et elles subissaient.

Ce formidable mouvement d’émancipation s’est vu neutralisé par le Parti socialiste, avec notamment la création de SOS-Racisme, créé afin de d’amoindrir la radicalité du mouvement et pour récupérer son potentiel mobilisateur à des fins électorales.

Enjeu pour aujourd’hui

Avec la sortie en décembre de la grosse production cinématographique La marche avec Jamel Debbouze, il est probable que cet anniversaire fera l’objet de débats et de reportages médiatiques. L’enjeu est de taille car le PS et SOS-Racisme profiteront certainement de l’occasion pour mettre en avant leur version creuse et aseptisée de l’antiracisme, et pour améliorer leur image à bon compte, malgré les politiques mises en place par le gouvernement actuel (stigmatisation arrestations et expulsions des Roms et des sans-papiers, stigmatisation des musulmans et musulmanes et nouveau projets de lois anti-voile, répression policière dans les cités comme à Trappes cet été…). Ce même PS, qui a décidé de renvoyer aux calendes grecques le projet de droit de vote pour les étrangers, qui fut une des revendications des marcheurs il y a déjà trente ans. Cet anniversaire doit être l’occasion de rappeler l’histoire de ces luttes peu connues, et des stratégies politiciennes diverses qui eurent lieu à gauche afin de casser les dynamiques associatives autonomes et revendicatives dans les quartiers. Ce sera aussi l’occasion de poser clairement dans le mouvement social le problème du paternalisme et de dénoncer clairement l’idéologie intégrationniste et assimilationniste, qui fut celle mise en œuvre les années et décennies suivantes, accompagnant le reflux des luttes de l’époque, masquant la question sociale et transformant la question antiraciste en une question morale, ou limitée à l’opposition à l’extrême droite. Nous ne pourrons que constater que depuis les années 1980, les crimes policiers racistes n’ont pas cessé, les discriminations non plus, et que les quartiers populaires connaissent toujours davantage la précarité, la misère et la répression.

Campagne

Une campagne se monte, initiée par le collectif Egalité des droits-justice pour tous, dont l’enjeu est de ne pas laisser le PS décréter sa version de l’histoire. Alternative libertaire est signataire, et a pour sa part déjà participé à ce « devoir de mémoire » en projetant lors de l’édition de la Foire à l’autogestion en juin dernier à Montreuil le film Douce France, en compagnie de son réalisateur Mogniss H. Abdallah. Ce film retrace l’histoire de ces luttes des années 1980 et 1990, des luttes pour la vérité et la justice jusqu’au lutte contre la double peine en passant par la mémoire du 17 octobre 1961. Les luttes de cette époque sont à connaitre, car le combat est toujours d’actualité et des leçons sont à retenir.

Nicolas Pasadena (commission antiraciste)

[1] Abdenbi Guemiah à Nanterre en 1983, Abdel Benyahia à la Courneuve en 1986.

Source: Alternative libertaire

Nouveau site du Collectif national « Egalité des droits-Justice pour tou-te-s »

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L’appel

Le 3 décembre 1983, 100 000 personnes manifestaient à Paris, concluant une Marche partie de Marseille le 15 octobre. Décidée par un groupe de marcheurs issus des cités de la banlieue lyonnaise, cette Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme marqua l’émergence d’une nouvelle génération, celle des enfants d’immigrés. Elle fût organisée suite aux crimes racistes, aux violences policières, et à une campagne électorale marquée par la xénophobie et l’idéologie sécuritaire qui vit, comme à Dreux, des alliances avec le Front national. Elle prolongeait, à sa manière, les luttes menées dans la décennie précédente par les travailleurs immigrés pour l’égalité des droits. Les « invisibles » devenaient des acteurs à part entière de la société française.

Notre Marche ne s’est pas terminée le 3 décembre 1983. Nous n’avons jamais cessé de marcher et de lutter. Même si nous avons remporté des victoires ou obtenu quelques

avancées, la situation des immigrés et de leurs descendants, dont beaucoup sont français, n’a cessé de se dégrader. Les habitants des quartiers populaires d’aujourd’hui sont confrontés à des situations plus dures qu’en 1983. Trente ans pour arriver à ce constat amer : les violences policières comme les crimes racistes n’ont pas cessé et restent impunis. Pire, un racisme d’État fait de lois, de pratiques et de discours nauséabonds s’est propagé d’en haut; la négrophobie et l’islamophobie se sont développées, prolongeant le racisme anti-arabe. La promesse du Président de la République d’alors, celle du droit de vote pour les étrangers extra-communautaires n’a jamais été tenue. Aujourd’hui, après une décennie de pouvoir de droite avec tous ses excès et ses démagogies populistes – débats sur l’identité nationale et le « rôle positif » de la colonisation – le nouveau gouvernement reste dans la ligne de tous ses prédécesseurs : restriction au droit d’asile, accentuation des discriminations dans tous les secteurs de la société, relégation des quartiers populaires et de leurs habitants, menaces de disparition des associations de terrain et de proximité, contrôles aux faciès, justice à deux vitesses, chasse aux sans papiers et aux Rroms, multiplication des expulsions… Et pendant ce temps, les Chibanis, nos anciens, sont reclus et privés de leurs droits.

Trente ans se sont écoulés, après le formidable espoir soulevé par la Marche de 1983. Notre détermination reste intacte. Nous ne lâcherons rien. Le message de la Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme, même s’il n’est pas enseigné comme il se doit à l’école, est plus que jamais d’actualité et nous voulons qu’il soit à nouveau entendu avec force. C’est pour cela que partout, dès maintenant, et du 15 octobre au 3 décembre 2013, nous proposons à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cet appel de mettre en place des assemblées générales et des initiatives au niveau local, régional, national. Nous ne nous contenterons pas de crier notre colère contre les injustices et les inégalités. Nous proposerons à toute la société d’autres solutions, celles de l’égalité des droits pour en finir avec la République du mépris.

D’ores et déjà, nous appelons à participer aux différentes initiatives organisées en région par des collectifs et associations signataires de cet appel. Partout en France, des semaines pour l’égalité des droits et la justice pour toutes et tous sont organisées d’ici le 8 décembre. Faisons du 7 décembre, une journée de rassemblements et de manifestations.

ORGANISONS UNE MANIFESTATION NATIONALE À PARIS LE 7 DÉCEMBRE

CONTRE LE RACISME ET L’ÉGALITÉ DES DROITS TOUTES EN MARCHE, ON ARRIVE!

 

L’affiche

L’appel à manifester

Miguel Segui, « Égalité nous marchons encore », Hebdo L’Anticapitaliste, n°214, 24 octobre 2013

l y a 30 ans, elle était partie dans l’indifférence quasi générale le 15 octobre 1983, et vouée à l’échec par certains. Le 3 décembre 1983, 100 000 personnes manifestaient à Paris, concluant une marche décidée par un groupe de jeunes issus des cités de la banlieue lyonnaise.

Elle fut organisée suite aux crimes racistes, aux violences policières, et à une campagne électorale marquée par la xénophobie, l’idéologie sécuritaire et des alliances électorales entre la droite et le FN comme à Dreux. L’histoire bégaye.

« Rengainez on arrive ! » criaient les manifestantEs pour symboliser les discriminations et le racisme vécus par les habitantEs des quartiers, en particulier par les jeunes. Après avoir été « triée » en écartant « les délinquants » (sic), la délégation fut reçue par Mitterrand et les jeunes obtinrent comme seule réponse concrète la carte de séjour de 10 ans et des promesses assez générales sur les véritables problèmes des quartiers : les violences policières, le racisme, le chômage, la précarité, les logements insalubres, l’absence de services publics, etc. Peu de temps après, Mitterrand enterra définitivement la promesse du droit de vote pour les étrangers aux élections municipales.

Toujours d’actualité

Aujourd’hui, le constat est amer : cela a empiré « grave » ! Le 15 octobre, François Lamy, ministre de la Ville, est allé poser une plaque commémorative des 30 ans de la marche dans le quartier des Minguettes à Vénissieux. Il pense peut-être que cela suffira à cacher la faillite totale des politiques sociales et économiques appliquées dans les quartiers populaires par les différents gouvernements. Il pense aussi peut-être récupérer la marche et sa mémoire.
Toumi Djaidja, initiateur de la marche, explique dans un communiqué qu’il ne participera pas à « un acte de récupération de la marche et qu’il ne peut signer un chèque en blanc au gouvernement »… Il a bien raison !
Si nous voulons éviter que les institutions de leur « République » ne figent à jamais la marche sur du papier glacé ou bien qu’elle ne se résume qu’à un film, nous devons lutter dans nos rues, nos quartiers, nos lieux de travail et chômage, nos lieux de vie, contre le racisme et pour l’égalité.

Constitué pour « commémorer » de manière militante les trente ans de la marche, le collectif national « Égalité des droits/Justice pour tou-te-s » a lancé un appel à organiser partout où c’est possible des initiatives pour montrer l’actualité de la marche et se retrouver toutes et tous ensemble pour une manifestation nationale ce 7 décembre.
Cette manifestation devra réunir les sans-papiers, les Roms, les jeunes, les femmes… autour de l’égalité des droits, contre le racisme. Le NPA soutient cet appel et sera dans la rue. Par les temps qui courent, cela devrait nous servir d’antidote à la politique nauséabonde menée par Hollande, Ayrault et Valls, et contre la droite, l’extrême droite et les fascistes.

Source: NPA

COLLECTIF NATIONAL EGALITE DES DROITS/ JUSTICE POUR TOUS (TES), communiqué, 11 octobre 2013

COLLECTIF NATIONAL EGALITE DES DROITS/
JUSTICE POUR TOUS (TES)

Communiqué de presse

Paris le, 11 octobre 2013

1983-2013 : 30 ANS DEJA !
NOUS MARCHONS ENCORE
MANIFESTATION NATIONALE LE 7 DECEMBRE 2013

Le collectif  Égalité des Droits/Justice pour tous (tes) se réunit chaque semaine, depuis plusieurs mois. Regroupant plus d’une centaine d’associations nationales, régionales et de quartiers et avec le soutien d’organisations politiques et syndicales,  il appuie les initiatives de ses membres qui se sont multipliées, depuis le début de l’année,  et  travaille notamment à l’élaboration d’une série de revendications regroupées autour de 4 axes thématiques sur la question transversale de l’égalité des droits.  Dans l’histoire récente ou longue, nombre de luttes sociales et de mobilisations collectives s’opposent de manière constante à l’arbitraire des situations d’inégalité.

La Marche de 1983 – conduite d’étape en étape par un groupe de 17 personnes, principalement jeunes, issues de la banlieue lyonnaise – marqua un tournant dans le rapport aux luttes dites des quartiers et de l’immigration. 100 000 personnes convergent le 3 décembre 1983 à Paris pour inscrire cet événement, largement médiatisé, dans l’histoire des luttes sociales en France.

La Marche de 1983, cette Marche qui continue 30 ans après… pose à la fois la question du bilan de cet événement et des luttes et mobilisations qui se poursuivent depuis.

En multipliant les initiatives autonomes au niveau local, régional et national, nous voulons à la fois sortir du cadre strictement commémoratif et témoigner de notre combat contre l’arbitraire des situations d’inégalité qui prévalent encore aujourd’hui et qui justifient que, 30 ans après la Marche, nous continuions de marcher, comme nous n’avons cessé de le faire depuis lors, dans le cadre de nombre de luttes sociales et mobilisations collectives.

Le Collectif National Egalité des Droits/Justice pour tous (tes)  organise une Conférence de presse le 15  octobre 2013  à 11H  pour informer sur nos actions et sur le sens que nous voulons donner à cet événement qui s’inscrit dans l’histoire des luttes sociales en France.
Rendez-vous dans un lieu symbolique de luttes qui a accueilli et soutenu les Marches en 1983, 1984 et 1985.

Le Relais Ménilmontant
85, rue de Ménilmontant
75020 Paris (Métro Ménilmontant).

Contact : 06 11 29 59 18
Mail contact Collectif : marcheegalite30ans@gmail.com

Communiqué du Collectif national Egalité des Droits / Justice pour tou-te-s

La première réunion nationale du Collectif Egalité des droits /justice pour tou-te-s s’est tenue les 22 juin et 23 juin à Paris. Elle a acté les décisions suivantes :

–       organiser une campagne nationale rappelant les raisons qui nous poussent encore à marcher 30 ans après la Marche pour l’égalité et contre le racisme

–       faire émerger et converger toutes les initiatives locales vers un moment de mobilisation nationale le samedi 7 décembre à Paris. D’ores et déjà des mobilisations sont prévues dans plusieurs villes : Lyon,  Lille, Marseille, Paris …`

–       dénoncer les danses du ventre qui ont commencé à se déployer, que se soit en distribuant des gratifications, médailles ou autre titre, en privilégiant financièrement des initiatives mettant en avant l’anniversaire de la Marche pour mieux dévoyer son message, en organisant des commémorations pour enterrer les revendications de la marche,  etc… Nous ne sommes pas dupes des tentatives d’instrumentalisation de notre Marche de 1983.

Les raisons de la Marche existent encore. Plus que jamais, mobilisons nous !

Pour contacter le collectif :

mail : marche30egalite@gmail.com