Mogniss H. Abdallah, « La Marche pour l’égalité et contre le racisme « n’est pas assez entrée dans l’histoire » », Vacarme, 1er mai 2014

La Marche pour l’égalité et contre le racisme « n’est pas assez entrée dans l’histoire »

Faut-il « marcher encore » ? Faut-il proclamer : « on ne marche plus ! » ? Les commémorations de la Marche pour l’égalité et contre le racisme ont illustré, jusque dans les œuvres de fiction et les volontés d’héroïsation de cette entreprise collective, la nécessité de lutter pour la transmission de la mémoire et pour l’autonomie des récits sur ce passé encore vif.

Lire la suite

Publicités

Rencontre Histoires croisées France/Maghreb, Paris, 1er décembre 2013

En passant

Rencontre Histoires croisées France/Maghreb – Dimanche 1er décembre 2013

Participez à l’événement à l’occasion de l’édition de l’ouvrage La France arabo-orientale et du 30e anniversaire de l’arrivée sur Paris de la Marche pour l’Égalité et contre le Racisme.

Sous le haut patronage de Jean-Pierre Bel, Président du Sénat.
Rencontre organisée par le Groupe de recherche Achac.

L’Achac  propose de croiser les histoires, les mémoires et les regards dans la longue histoire des relations France/Maghreb à travers des tables rondes, des conférences, des moments de témoignages, mais aussi à travers la présentation de trois expositions et la projection de deux films documentaires inédits.
Cette rencontre se place au carrefour de plusieurs anniversaires symboliques, dont le 30e anniversaire de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, mais aussi le centenaire du premier congrès panarabe de Paris de 1913, ainsi que le 150e anniversaire de la première présence des tirailleurs algériens sur le sol de France depuis 1863 au sein de la Garde impériale ou le 100e anniversaire de leur décoration à Longchamp par le président de la République en 1913. D’autres moments majeurs seront associés à cette rencontre et aux débats des deux tables rondes, comme la libération de la Corse par l’Armée d’Afrique en octobre 1943, le 14 juillet 1953 et les prémices de la guerre d’Algérie dans Paris, les accords de 1963 qui fonderont les politiques migratoires du demi-siècle qui suivra ou encore l’été 1973 dans le sud de la France et les violences contre les Maghrébins.
C’est tous ces moments charnières qui seront abordés lors de cette rencontre en présence d’une vingtaine de spécialistes et grands témoins.

De nombreux partenaires soutiennent cette rencontre, notamment le ministère délégué à la Ville, le ministère délégué aux Anciens combattants, la DMPA, l’Acsé, l’Onac, la Mairie de Paris (Délégation des droits de l’Homme, de l’intégration, de la lutte contre les discriminations et des citoyens extracommunautaires), le Laboratoire Communication et Politique du CNRS, Pangée Network, le Laboratoire URMIS de l’Université de Nice ou l’ANR EcrIn. Les partenaires-média du programme, France 24, France Culture et Le Nouvel Observateur, seront des relais de cette rencontre.

>> Télécharger le programme

Lieu :
Palais du Luxembourg
15 ter rue de Vaugirard • 75006 Paris
Métro lignes 4 et 10 : Station Odéon
RER B : Luxembourg

Inscription obligatoire pour les sessions du matin et/ou de l’après midi
Coupons-réponses à remplir et à envoyer à : contact@achac.com
Témoignages exceptionnels de Christian Delorme sur la Marche pour l’Égalité et contre le Racisme avec Rachid Benzine.

Interventions de :
– Jean-Pierre Bel (Président du Sénat),
– Christiane Taubira (Ministre de la Justice, Garde des Sceaux),
– François Lamy (Ministre délégué à la Ville),
– Naïma Charaï (Présidente du conseil d’administration de l’Acsé).
Expositions :
>> Présences maghrébines et orientales dans l’Armée française
>> L’histoire des présences arabo-orientales en France
>> Les joueurs maghrébins en Équipe de France de football
(Salle Clemenceau au Palais du Luxembourg)

Films documentaires :
>> Les Marcheurs, chronique des années beurs (à 12h30)
>> Les Marches de la Liberté (à 14h)
(Salle Clemenceau au Palais du Luxembourg)

Source: Achac

« Marche pour l’Egalité, Marche des Beurs : si nous avions bonne mémoire », Ville & Banlieue, 17 octobre 2013

Décidément, l’été 1983 des banlieues lyonnaises a accouché de révoltes fécondes. C’est en effet dans ses tumultes que se sont formées, à quelques semaines d’intervalle, la résolution des maires de banlieue regroupés autour de Jacques Floch, député, maire de Rezé (44) de créer l’association des maires Ville & Banlieue, l’idée de la Marche pour l’Egalité et la prise de conscience des urbanistes de ce que serait un jour Banlieues 89.

Protestation hors norme contre des violences « ordinaires »

Les faits nous paraissent banals tant ils riment avec l’histoire de nos banlieues : Vénissieux, Vaulx-en-Velin, dans le Rhône, Clichy-sous-Bois et Villiers-le-Bel en Ile-de-France. Des affrontements qui dégénèrent entre les habitants des Minguettes et les forces de l’ordre sur fond de racisme et de tensions sociales : le président de SOS Avenir Minguettes aux urgences hospitalières. L’embrasement de la violence et l’emballement médiatique. Des événements devenus endémiques dans ce qu’on nomme déjà « les quartiers », auxquels une poignée de militants vont réagir de façon inédite : avec l’idée d’une grande marche nationale pour sortir de l’impasse locale, pour « provoquer une prise de conscience » dans l’opinion.

Un passé non révolu ?

Mais alors que les commémorations des 10 et 20 ans de l’événement n’avaient donné lieu qu’à de discrets rappels restés presque sans échos dans les cités, ses 30 ans suscitent un véritable bouillonnement mémoriel : le Gouvernement a lancé un appel à projets culturels pour l’occasion, qui soutiendra près de 70 manifestations, colloques, spectacles ou publications. Sur le terrain, le collectif ACLEFEU organise une « caravane de la mémoire » en 15 étapes pour une transmission positive de cette mobilisation politique et citoyenne.
Le 27 novembre prochain, sortira dans les salles de cinéma « La Marche » de Nabil Ben Yadir, avec Jamel Debbouze.
En décembre, une journée d’étude rassemblera à Nanterre, sociologues, politistes, historiens et anthropologues autour de la mémoire et de l’histoire de l’événement…

Sujets d’actualité 

Revenons cependant aux motifs de la Marche, au nombre de trois semble-t-il :
Protester d’abord contre les violences policières et la tolérance qui les couvre, contre les violences racistes en général.
Obtenir l’égalité des droits et des conditions devant le travail, le logement, l’école, l’égalité de traitement avec les habitants des centres villes.
Enfin, par la forme même de la protestation, interpeller et rallier une large frange de la société sur une cause dépassant la situation singulière des immigrés et des quartiers.
Or ces trois motifs gardent une bonne part de leur actualité.
Si, comme le relève Abdellali Hajjat, le racisme tue moins que dans les années 80, les relations de la police et des quartiers sont loin d’être normalisées.

Les rapports de l’ONZUS nous rappellent, tous les ans, le fossé non comblé des inégalités entre les quartiers et les agglomérations auxquelles ils appartiennent, un ministère chargé de « l’Egalité des territoires » s’étant même imposé en 2012 à la table du nouveau gouvernement. Quant aux difficultés des banlieues, les maires de Ville & Banlieue n’ont cessé de le répéter : elles concernent l’ensemble de notre société et l’image que nous nous en faisons, toute notre représentation politique et le contenu que nous voulons donner à la promesse de l’égalité.

Résultats urgents attendus dans les banlieues

De la Marche, tout est loin d’avoir été dit, compris, débattu, et les recherches en cours en attestent. Mais quelques enjeux pointent déjà aux urgences de notre agenda national.
Sur le front de l’identité. Si la Marche pour l’Egalité avait connu un succès impressionnant – trente marcheurs rencontrant à Paris une foule de 100 000 personnes, puis le président de la République qui leur accordera « la carte de séjour de 10 ans » – c’est sous l’appellation médiatique (révélatrice) de « Marche des Beurs ». Les jeunes issus de l’immigration apparus sur la scène politico-médiatique à la faveur de la Marche de 83 n’en sont plus jamais sortis… Sans doute la majorité d’entre eux n’aspir(ai)ent-ils qu’à un anonymat de bon aloi. Mais la société en a décidé autrement et comme le dit François Lamy : « En 30 ans, une classe moyenne issue de l’immigration a émergé, mais elle continue à se heurter à un plafond de verre. » La question ne peut rester indéfiniment ouverte sous peine d’alimenter le feu des mobilisations ethno-communautaristes.
Sur le front de l’égalité ensuite. Et sur ce front, la mobilisation plus efficace des solidarités, via la réforme engagée de la politique de la ville, est certainement indispensable. Elle ne suffira pas. Les 150000 jeunes sortis chaque année sans diplôme du système éducatif, les 40 ou 50 % de jeunes chômeurs dans les quartiers, sont en soi un scandale. Et tout notre modèle économique, social et politique doit être révisé pour y mettre fin, faute de quoi, les deux effets se combinant en une explosive alchimie, les tentations du pire se verraient libérées de tout espoir raisonnable.

« Trente ans après, une plaque pour la mémoire », Libération, 15 novembre 2013

RETOUR SUR

Habib Grimzi a été victime d’un meurtre raciste, sur la ligne de train Vintimille-Bordeaux en 1983.
Le 14 novembre 1983, un jeune Algérien, Habib Grimzi, 26 ans, était tabassé puis balancé du train Vintimille-Bordeaux par trois aspirants légionnaires. Son corps avait été retrouvé le lendemain sur les voies ferrées au kilomètre 190, près de Castelsarrasin. Au même moment, à l’autre bout de la France, une trentaine de jeunes des quartiers entamaient leur quatrième semaine de Marche contre l’égalité et le racisme, dans une indifférence relative. Le meurtre raciste de Habib Grimzi va réveiller les consciences et donner à cette marche une autre dimension. Deux semaines plus tard, à Paris, les marcheurs étaient 100 000. Vendredi, le ministre de la Ville, François Lamy, accompagné d’une douzaine d’anciens de la Marche, a inauguré une plaque en mémoire de Habib Grimzi sur le fronton de la gare de de Castel Sarrasin. «Le complice du racisme, c’est l’indifférence», a dit le ministre, dénonçant à plusieurs reprises le contexte raciste actuel. En 1983, dans le Vintimille-Bordeaux, aucun des 95 passagers du wagon n’était intervenu pour secourir Habib Grimzi.

Fériel Alouti, « L’histoire oubliée de la marche pour l’Egalité », Med’in Marseille, 29 octobre 2013

Trente ans après la marche pour l’Egalité et contre le racisme, partie le 15 octobre 1983 de Marseille et arrivée le 3 décembre à Paris, peu de Français se souviennent encore de ce long périple, lancé par des enfants d’immigrés qui revendiquaient l’égalité des droits et voulaient en finir avec les crimes racistes. Malgré l’intérêt des médias de l’époque et l’engouement suscité par la marche qui a rassemblé près de 100 000 personnes dans les rues de la capitale, la société française a vite oublié cet événement.

Selon Yvan Gastaut, historien et maître de conférence à l’université de Nice, la plupart de ses étudiants ignorent l’existence de la marche de 1983. Rien d’étonnant à cela puisque, comme il l’indique, son « histoire de la marche n’a jamais été écrite ». Jamais inscrite dans l’histoire de France, oubliée des manuels scolaires et des professeurs, il y a, depuis 1983, comme une amnésie générale.

JPG - 65.9 ko

Marilaure Mahé en 2003 au 20 ans de la Marche à Marseille. © Med In Marseille/Ahmed Nadjar

Seuls les militants de gauche et ceux qui y ont participé se souviennent encore de cet événement, pourtant majeur dans l’histoire de l’immigration française. « La marche a été oubliée car les acteurs sont tous repartis chez eux dans l’anonymat le plus complet, certains dès le lendemain », se souvient Marilaure Mahé, marcheuse permanente.

Pour les dix ans, une dizaine de marcheurs se sont rassemblés à Lyon, à l’initiative d’un journaliste de Libération, le temps d’un dîner. « C’était pour faire vivre la mémoire mais j’avais un sentiment de tristesse, les marcheurs avec qui j’avais vraiment tissé des liens n’étaient pas là », explique Marilaure Mahé. Pour Zoubida Menguenni , soutien actif à la Marche de 1983, la responsabilité de cet oubli revient aussi à ceux qui y ont participé. « On n’a pas transmis le souvenir de cette marche à nos enfants peut-être parce qu’on l’a vécue comme un échec mais aujourd’hui, il ne faut plus qu’elle passe inaperçu », dit-elle. Effectivement, les principaux acteurs, déçus par la gauche qui leur a vite fermé ses portes, se sont vite tus et repliés sur le local.

La déferlante SOS Racisme

Selon Saïd Boukenouche, fondateur de Radio Gazelle, « il y a eu une volonté de la part des partis politiques et des gouvernements de faire disparaître l’histoire de la Marche ».

JPG - 25 ko

18-10-2013 Caravane Marche d’AC le Feu. De gauche à droite : L’animatrice, le réalisateur Mogniss Abdalah et Saïd Boukenouche. © Med’in Marseille

L’ancien militant rappelle ainsi la création, en 1984, de l’association SOS Racisme qu’il compare à une « bataille de missiles » pour « faire couler la Marche ». Au lendemain de l’événement, c’est effectivement SOS Racisme, créée par des militants socialistes rassemblés autour de Julien Dray et Harlem Désir avec le soutien de l’Elysée, qui récupère habilement la mise médiatique et politique et s’approprie ainsi la Marche. A l’époque, le Parti socialiste, méfiant à l’égard des militants issus des banlieues, a préféré soutenir cette association, considérée comme plus présentable quand le Front national a commencé à remporter ses premiers succès électoraux.

« Ces militants ont créé l’association pour gagner du poids au sein du PS », assure le sociologue Abdellali Hajjat, auteur de La marche pour l’égalité et contre le racisme . Une stratégie qui semble avoir fonctionné puisque Harlem Désir est aujourd’hui Secrétaire général du PS. Résultat, trente ans plus tard, l’opinion publique a du mal à faire la distinction entre la marche de 1983 et SOS Racisme. « Contrairement aux marcheurs, SOS Racisme s’est beaucoup intéressé aux médias », indique Yvan Gastaut. Même les plus apolitiques connaissent ainsi le fameux slogan « Touche pas à mon pote ».

Incapable de signer un chèque en blanc

Mais la commémoration des trente ans pourrait changer la donne et faire entrer la Marche dans l’histoire de France. Une multitude d’initiatives célèbrent cet anniversaire. Des conférences sont organisées dans toute la France, plusieurs livres sont publiés et un film grand public, La Marche de Nabil Ben Yadir avec Olivier Gourmet et Djamel Debbouze, sort le 27 novembre dans 500 salles. Ce premier long métrage autour de l’événement à être soutenu par l’industrie du cinéma (EuropaCorp, fondé par Luc Besson, produit et distribue le film) pourrait ainsi, comme ce fut le cas avec le film Indigène, créer un débat et refaire émerger la question de la Marche.

JPG - 35.8 ko

Toumi entouré des acteurs du film « La Marche » et du réalisateur Nabil Ben Yadir. Med’In Marseille tous droits réservés.

De nombreuses associations et collectifs se sont montés pour rappeler cet événement. Il y a quelques jours, le collectif AC LeFeu, soutenu par la Fondation Abbé Pierre, a lancé une « caravane de la mémoire » qui a sillonné des villes, telles que Marseille, pour soutenir les nouvelles formes d’engagements dans les quartiers populaires et pousser les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales. Au total, 450 000 euros ont été débloqués par le gouvernement pour financer 70 actions commémoratives. Un engagement pris lors du comité interministériel des villes qui s’est tenu en février dernier. Un plan de 27 décisions avait été arrêté pour « intégrer dans les politiques publique les spécificités des banlieues ». La dernière proposait de « conduire un travail de mémoire collective dans les quartiers prioritaires » et notamment «  soutenir les initiatives engagées à l’occasion de 30e anniversaire de la marche de l’Egalité ».

François Lamy ministre de la Ville a d’ailleurs déclaré dans Le Monde vouloir « rendre hommage à un temps fort d’initiative citoyenne qui doit s’intégrer dans l’histoire de France » et a reconnu qu’il « serait utile d’avoir une parole forte sur cet événement fondateur qui a réveillé la société française ». Après un long silence de la part des gouvernements successifs sur la situation des quartiers populaires, le ministre a tenu à se rendre le 14 octobre dernier dans celui des Minguettes à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise. L’objectif était d’aller à la rencontre des anciens membres de l’association SOS Avenir Minguettes, organisatrice de la marche de 1983. Mais Toumi Djaidja, initiateur de la marche et président de l’association, a refusé de recevoir le ministre. Dans un communiqué, l’ancien militant s’est dit incapable de « cautionner l’inaction politique en signant un chèque en blanc au gouvernement ». « Si certains cherchent à capter l’héritage sympathie suscité par la Marche à travers cette commémoration, cela ne peut se faire à moindre frais. (…) Beaucoup d’entre nous vivent dans des conditions inadmissibles, laissés non pas sur le bas-côté de la route mais dans le fossé des inégalités », a-t-il écrit. Comme quoi, certains n’ont pas la mémoire courte.

JPG - 29.2 ko

Toumi Djaidja, initiateur de la Marche pour l’Egalité. ©Med In Marseille – AN

Adil Jazouli, « Rétablir la vérité, énoncer les faits », commentaire au communiqué de T. Djaïdja, 14 octobre 2013

Rétablir la vérité, énoncer les faits

Bonsoir à toutes et à tous,

J’aurais bien aimé ne pas avoir à faire un tel commentaire mais devant un tel tissu de mensonges et de de contre-vérités je ne peux faire autrement.
François Lamy, que j’ai accompagné au titre de mes fonctions au Ministère de la Ville, a effectué aujourd’hui un déplacement à Saint-Priest et à Vénissieux à l’invitation des élus locaux pour faire le point avec eux, les services de l’Etat et les associations locales sur l’avancée des actions de renouvellement urbain et de cohésion sociale; A cette occasion il a semblé approprié, à la veille de l’anniversaire de la date du départ de la marche pour l’égalité le 15 octobre 1983, de rendre hommage à cette grande initiative en rencontrant un certain nombre de ses acteurs dont Toumi Djaïdja; François Lamy ayant demandé par ailleurs à rencontrer les associations locales porteuses de projets culturels dédiés à la marche et financées, comme des dizaines d’autres à travers la France, par le Ministère de la Ville via l’Acsé. Enfin la pose d’une plaque commémorative en hommage à la marche était envisagé aux Minguettes, le texte de cette plaque faisant référence de manière générique à la marche et aux marcheurs sans citer personne en particulier partant du fait que c’était une action collective. Vendredi dernier Toumi posa un ultimatum aux services de l’Etat et à la mairie de Vénissieux et voulant que son nom en tant que  » initiateur et symbole de la marche » soit inscrit sur la plaque. Plusieurs personnes dont je suis ont essayé de le raisonner, en vain; d’où en définitive l’annulation de cette opération qui aurait dû se dérouler en sa présence. Son absence s’explique uniquement par une crise de narcissisme aigüe dans la quelle il est rentré depuis quelque temps et qui désole ses vrais amis dont je suis et tout le discours de son communiqué et de ses déclarations à l’AFP et ailleurs ne sont qu’un habillage grossier de sa volonté de « tirer la couverture » à lui au détriment des autres marcheurs permanents et des centaines de milliers de personnes qui les ont accompagné tout au long de leur périple. Tout le reste est à l’avenant, ses rendez vous avec F.Lamy? Il les a sollicité et décommandé en dernière minute pour cause de maladie, quand au conseiller de l’Elysée qui l’aurait sollicité cela fait partie d’un système d’affabulation dans lequel Toumi est entré et dont j’espère qu’il sortira bientôt pour remettre les pieds dans le réel et arrêter d’être ébloui par les projecteurs qui ne font que passer. La lutte pour l’égalité n’est pas une bataille de circonstance, c’est un long combat qui demande de l’humilité, de la persévérance et l’esprit collectif et où il n’y a pas de place pour le star-system.
Voilà pour cette petite mise au point, j’espère que ca s’arrêtera là et que la raison l’emportera dans l’intérêt de tous, nous avons des combats plus sérieux et plus essentiels à mener.
Cordialement

Adil Jazouli

Responsable de la Prospective et de la Stratégie au ministère de la Ville

Source: commentaire sur le blog « Actualité du 30ème anniversaire de la Marche »

Note de l’équipe éditoriale: nous avions au départ refusé de publier ce commentaire pour ne pas faire de ce blog un espace de confrontation entre acteurs de la commémoration, mais nous le faisons finalement puisque l’information a été divulguée dans la presse.