« Antiracisme : L’entourloupe de la « Marche des républicains » », Alternative libertaire, 25 novembre 2013

Alors qu’un collectif d’organisations travaille depuis des mois à une initiative d’envergure rassemblant le 7 décembre autour de l’anniversaire des 30 ans de la Marche pour l’Égalité sur des mots d’ordre radicaux, voici que de « belles et hautes voix », indignées devant les attaques racistes subies par Christiane Taubira décident soudainement de revêtir leur cape bleu-blanc-rouge de super-héros antiraciste et de lancer une « Marche des républicains » pour terrasser la bête immonde.

Oui, parce que on ne va quand même pas supporter qu’on expulse des enfants, qu’on traque les sans-papiers, qu’on bouc-émissairise les Rroms, qu’on stigmatise les musulman-e-s, hein. Au fait, faudra penser à prévenir Taubira que Valls, c’est son collègue de travail et qu’ils sont dans la même équipe.

Allez, pas de mauvais esprit, sinon on va encore cliver et ça sera de notre faute si on n’arrive pas à cette union sacrée dont la France a bien besoin…d’autant qu’avec la qualification pour la coupe du monde I go to Rio, on va en bouffer de la cohésion nationale.

Alors Tous ensemble tous ensembleu ouais ouais…ouais mais quand ? Le 7 décembre, avec les militant.es qui ont collectivement construit une vraie riposte à la puanteur ambiante. Ou le 8 décembre, mais avec qui déjà ?

D’où vient cette pénible et pourtant familière sensation de malaise. Bon sang mais c’est bien sûr… le retour de l’arme fatale : la petite main jaune, pas touche à mon copain !

Celle-la même qui a court-circuité la dynamique de 1983, occulté le combat pour l’égalité en le renommant pernicieusement Marche des Beurs, servant ainsi de tremplin à la nomenklatura des Julien Dray et autres Harlem Désir.

Parce que c’est bien beau de nous balader le week-end, mais on fait quoi contre les discriminations et pour une vraie égalité des droits entre Français et immigrés, comme cette histoire de droit de vote par exemple ? (promesse de campagne n°30 du PS en… 1981). Comme le disait un penseur bien inspiré : « On peut tromper 1 fois 1000 personnes, mais on ne peut pas tromper 1000 fois une personne ».

Alors une date à marquer d’une étoile rouge et noire : rendez-vous le 7 décembre, à Paris, devant l’église Saint-Bernard, puis convergence avec la Marche des chômeurs-précaires partie de la place Stalingrad.

Gisèle (AL Paris nord-est)

Rencontre Histoires croisées France/Maghreb, Paris, 1er décembre 2013

En passant

Rencontre Histoires croisées France/Maghreb – Dimanche 1er décembre 2013

Participez à l’événement à l’occasion de l’édition de l’ouvrage La France arabo-orientale et du 30e anniversaire de l’arrivée sur Paris de la Marche pour l’Égalité et contre le Racisme.

Sous le haut patronage de Jean-Pierre Bel, Président du Sénat.
Rencontre organisée par le Groupe de recherche Achac.

L’Achac  propose de croiser les histoires, les mémoires et les regards dans la longue histoire des relations France/Maghreb à travers des tables rondes, des conférences, des moments de témoignages, mais aussi à travers la présentation de trois expositions et la projection de deux films documentaires inédits.
Cette rencontre se place au carrefour de plusieurs anniversaires symboliques, dont le 30e anniversaire de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, mais aussi le centenaire du premier congrès panarabe de Paris de 1913, ainsi que le 150e anniversaire de la première présence des tirailleurs algériens sur le sol de France depuis 1863 au sein de la Garde impériale ou le 100e anniversaire de leur décoration à Longchamp par le président de la République en 1913. D’autres moments majeurs seront associés à cette rencontre et aux débats des deux tables rondes, comme la libération de la Corse par l’Armée d’Afrique en octobre 1943, le 14 juillet 1953 et les prémices de la guerre d’Algérie dans Paris, les accords de 1963 qui fonderont les politiques migratoires du demi-siècle qui suivra ou encore l’été 1973 dans le sud de la France et les violences contre les Maghrébins.
C’est tous ces moments charnières qui seront abordés lors de cette rencontre en présence d’une vingtaine de spécialistes et grands témoins.

De nombreux partenaires soutiennent cette rencontre, notamment le ministère délégué à la Ville, le ministère délégué aux Anciens combattants, la DMPA, l’Acsé, l’Onac, la Mairie de Paris (Délégation des droits de l’Homme, de l’intégration, de la lutte contre les discriminations et des citoyens extracommunautaires), le Laboratoire Communication et Politique du CNRS, Pangée Network, le Laboratoire URMIS de l’Université de Nice ou l’ANR EcrIn. Les partenaires-média du programme, France 24, France Culture et Le Nouvel Observateur, seront des relais de cette rencontre.

>> Télécharger le programme

Lieu :
Palais du Luxembourg
15 ter rue de Vaugirard • 75006 Paris
Métro lignes 4 et 10 : Station Odéon
RER B : Luxembourg

Inscription obligatoire pour les sessions du matin et/ou de l’après midi
Coupons-réponses à remplir et à envoyer à : contact@achac.com
Témoignages exceptionnels de Christian Delorme sur la Marche pour l’Égalité et contre le Racisme avec Rachid Benzine.

Interventions de :
– Jean-Pierre Bel (Président du Sénat),
– Christiane Taubira (Ministre de la Justice, Garde des Sceaux),
– François Lamy (Ministre délégué à la Ville),
– Naïma Charaï (Présidente du conseil d’administration de l’Acsé).
Expositions :
>> Présences maghrébines et orientales dans l’Armée française
>> L’histoire des présences arabo-orientales en France
>> Les joueurs maghrébins en Équipe de France de football
(Salle Clemenceau au Palais du Luxembourg)

Films documentaires :
>> Les Marcheurs, chronique des années beurs (à 12h30)
>> Les Marches de la Liberté (à 14h)
(Salle Clemenceau au Palais du Luxembourg)

Source: Achac

« Nouvelle marche contre le racisme le 30 novembre », Reuters, 16 novembre 2013

PARIS (Reuters) – Les grandes associations antiracistes et centrales syndicales appellent à une marche à Paris le 30 novembre pour faire barrage au racisme, après les attaques visant notamment la ministre de la Justice Christiane Taubira.

Trente ans après la « marche des Beurs », les organisations invitent les citoyens à être à l’initiative de marches semblables le même jour en métropole et Outre-mer.

Elles précisent qu’il ne s’agit pas seulement de dénoncer les insultes adressées à la ministre de la Justice mais la montée du racisme observée selon elles ces derniers mois et dernières années.

Le texte est signé notamment par la Ligue des droits de l’Homme, SOS racisme, le Mrap, France terre d’asile, les syndicats CGT, CFDT, Unsa, FSU et des organisations étudiantes.

Des militants socialistes ont appelé à une marche des républicains le 8 décembre à Paris, mais les associations tenaient à organiser leur propre mobilisation.

Le 15 octobre 1983, un groupe de jeunes originaires du quartier des Minguettes, à Vénissieux (Rhône), étaient partis à pied de Marseille en direction de Paris à la manière des militants noirs américains des droits civiques des années 1960.

Les marcheurs dénonçaient des pratiques policières discriminatoires et une justice à deux vitesses, alors que des maghrébins étaient régulièrement victimes d’agressions, parfois mortelles.

Le 3 décembre 1983, les marcheurs avaient été accueillis à Paris par plus de 100.000 personnes.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

Source: Reuters

« Y’a bon le racisme ! L’affaire Taubira, les larmes de crocodile et la gestion des flux migratoires », Quartiers libres, 15 novembre 2013

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Y’a pas à dire, depuis que Christine Taubira est la cible d’injures vieilles comme le premier casque colonial de l’A.O.F., on a pu le vérifier : la République est une digue contre le racisme.

On ne laissera rien passer : ni le moindre petit commentaire d’une obscure élue F.N. sans cervelle sur Facebook, ni la une du plus petit torchon nazillon dont tout le monde avait oublié l’existence. Rien. Comme un seul homme, élus et éditocrates l’ont rappelé : il n’y a pas de place dans ce beau pays, berceau des Droits de l’Homme, pour ces idées rétrogrades.

taubiraminute

Tous, jusqu’aux pires badernes de la droite, se sont indignés de l’affront fait à la ministre de la justice. Logiquement, dans ce concert d’indignation, les plus bruyants se trouvent du côté du gouvernement et du P.S., qui semble avoir remis en marche les vieilles sonos de SOS Racisme, histoire, comme à la grande époque, de couvrir les vraies revendications et de cacher la politique menée contre les immigrés derrière une jolie petite main jaune. De faire croire hier que la Marche pour l’égalité de 1983, c’était Harlem Désir et Julien Dray, et aujourd’hui que le racisme c’est les attaques contre Taubira et pas la politique d’expulsion ni la campagne d’opinion contre les indésirables de la République.

Touche pas à mon pote ministre ! Et vire-moi ces SDF parisiens de la Place de la République.

Y’a bon le racisme à la papa ! C’est bien connu, c’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleurs petits déjeuners. Ça permet de faire oublier Manuel Valls et ses remarques à la grand-papa sur les Rroms culturellement incompatibles avec le mode de vie des Français, ou sur le danger que représenteraient les musulmans, qui attendent dans nos campagnes d’égorger nos fils et de voiler nos compagnes.

« La France devient-elle raciste ? » se demandait Le Parisien du 6 novembre. Mais non ma brave dame ! La preuve ? Un gentil député de la République offre avec des trémolos dans la voix un bouquet bleu-blanc-rouge à Mme la ministre outragée pour laver l’insupportable affront fait à la nation tout entière. La guerre menée contre les pauvres et les étrangers, par contre, c’est pas du racisme : c’est juste une manière d’assurer la cohésion nationale…

Source: Quartiers libres